Le candidat socialiste (photo) propose d’inscrire dans la Constitution la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État.
Les grandes religions monothéistes s’en inquiètent.
Diamnche au Bourget, François Hollande a quelque peu surpris son monde.
Il a proposé d’inscrire dans la Constitution la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État.
Selon la loi du 9 décembre 1905, « la République assure la liberté de conscience » et « garantit le libre exercice des cultes » (article 1), mais « ne reconnaît, ne salarie et ne subventionne aucun culte » (article 2).
Si la loi venait à être inscrite dans la Constitution, cela poserait question sur l’avenir du régime dérogatoire du Concordat.
En effet, quand l’Alsace et la Moselle sont redevenues françaises en 1918, la loi Ferry sur l’école publique et la loi de 1905 ne leur ont pas été appliquées.
Aujourd’hui leur clergé – en ce qui concerne le catholicisme, le judaïsme et une partie du protestantisme – reste salarié par l’Etat. Des cours de religion sont dispensés dans les écoles publiques, en vertu du Concordat de 1801.
La Guyane bénéficie également d’un régime dérogatoire.
François Hollande n’a pas précisé ce qu’il adviendrait de la situation dans ces départements.
Après cette annonce, le monde religieux s’est montré très dubitatif.
« Pourquoi tant d’agressivité contre la religion ? », se demande le père Matthieu Rougé, directeur du Service pastoral d’Études politiques.
« Et quid de l’Alsace-Moselle, de la société alsacienne et mosellane qui ont des modes de vie très traditionnels? »
« Va-t-on faire entrer dans la Constitution des articles aussi obsolètes que celui (article 39) qui concerne le service militaire des prêtres et des séminaristes ? », demande-t-il encore.
Le pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France, juge l’annonce de François Hollande « embêtante » car « vague ».
« A part les articles 1 et 2 de la loi de 1905, quel sera le statut des 44 autres articles qu’elle contient. »
« En outre, il ne faut plus confondre laïcité et loi de séparation des Églises et de l’État, souvent présentée comme la « loi de laïcité » alors même que le mot « laïcité » ne s’y trouve pas. La confusion laïcité/séparation devient dérive quand certains laissent entendre que la laïcité consiste à séparer la société et les religions, celles-ci étant invitées à se recroqueviller dans la sphère privée », relève Claude Baty.
En revanche, les militants de la laïcité comme l’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires et le Grand Orient de France, première obédience maçonnique, n’ont pas caché leur satisfaction.





